Kalemeh TV · Abdolghader Torshabi
« Il est où, Khamenei ? » : Abdolghader Torshabi, la voix sunnite qui se range derrière le seul espoir de tout un peuple
Sur un plateau télévisé, un défenseur du régime affirme que « l’Amérique n’a rien pu faire ». La réponse du savant sunnite tient en une liste de noms, et en une certitude : c’est le peuple iranien qui fera tomber le régime des mollahs.
Par Ashk-7000
Il y a des répliques qui valent un long discours. En direct, un défenseur du régime hors champ croit marquer un point : « L’Amérique, avec toute sa grandeur, n’a rien pu faire ! » En face, Abdolghader Torshabi ne hausse même pas le ton. Il égrène des noms. Khamenei ? Le commandant des Gardiens de la révolution ? Le chef de l’armée ? Tangsiri ? Soleimani ? Où sont-ils ? « La moitié d’entre vous n’est plus là. »
Une leçon en soixante secondes
Le régime des mollahs vit de mensonges, et ses derniers défenseurs récitent encore le catéchisme de la « victoire ». Torshabi leur oppose ce que tout Iranien sait déjà : les commandants de premier et de second rang des Gardiens de la révolution ont disparu, et le « Guide » lui-même n’est plus. Il cite même une blague qui fait le tour des réseaux : « Une chasse d’eau met dix secondes à tout évacuer ; Khamenei, lui, est parti dès la première seconde. »
Mais l’essentiel est dans sa conclusion, qu’il adresse au régime les yeux dans les yeux : « Que l’Amérique agisse ou non, qu’Israël s’occupe de vous ou non, c’est le peuple iranien qui vous fera tomber. Soyez-en sûrs. »
Qui est Abdolghader Torshabi ?
Abdolghader Torshabi est un savant sunnite, diplômé du séminaire Darol-Oloum de Zahedan, la grande école religieuse des sunnites du Baloutchistan iranien, et formé à l’université en sciences islamiques et en droit. Depuis des années, il anime des émissions sur Kalemeh TV, la chaîne persanophone de référence des sunnites d’Iran : débats religieux, histoire, appels des téléspectateurs, éditions spéciales sur l’actualité du pays.
Il parle à une communauté que le régime des mollahs persécute depuis 1979 : mosquées sunnites interdites dans la capitale, religieux emprisonnés, Baloutches fusillés par centaines. Il aurait pu se replier sur sa communauté. Il a choisi l’Iran.
Aux côtés du prince Reza Pahlavi
En mars 2026, Abdolghader Torshabi a ouvert son antenne au prince Reza Pahlavi pour un entretien qui a fait date. Le Baloutchistan, la place des sunnites dans l’Iran de demain, le rôle de Molavi Abdolhamid, l’appel à reprendre la rue : tout y a été abordé, sans fard. Le prince y a redit l’égalité de tous les Iraniens devant la loi, « quels que soient leur religion, leur ethnie ou leur région », et cette évidence que la presse a retenue en titre : la solidarité nationale est la seule voie pour sortir de la République islamique. Un second entretien, consacré aux libertés religieuses et aux droits des peuples d’Iran, a prolongé ce dialogue.
Ce choix n’a rien d’anodin. Le régime des mollahs a toujours joué la même partition : dresser les chiites contre les sunnites, les Perses contre les Baloutches, les Kurdes, les Arabes et les Azéris, pour régner sur un pays divisé. En se tenant aux côtés du prince, un religieux sunnite formé à Zahedan fait voler en éclats cette stratégie. Il dit ce que des millions d’Iraniens ont crié dans les rues, de Zahedan à Tabriz, de Kermanshah à Ahvaz : Reza Pahlavi est le seul espoir de tout un peuple, le seul nom capable de rassembler l’Iran entier, toutes croyances et tous peuples confondus.
Ce que le régime redoute
Le régime peut survivre aux sanctions, aux frappes et à la mort de ses chefs, il l’a montré en se cramponnant au pouvoir. Il ne survivra pas à l’unité de l’Iran. Un sunnite de Zahedan et un chiite de Mashhad, un Baloutche et un Azéri qui marchent derrière le même homme et le même drapeau au lion et soleil : voilà son cauchemar. Abdolghader Torshabi en est l’incarnation.
La transcription
Le défenseur du régime : Monsieur Torshabi, écoutez une seconde… L’Amérique, avec toute sa grandeur, n’a rien pu faire du tout !
Torshabi : Comment ça, rien pu faire ? Il est où, Khamenei ? Rien pu faire ? Il est où, le commandant des Gardiens ? Et le chef de l’armée ? Et Tangsiri, il est où ? Et Qassem Soleimani ? Et l’autre, là, il est où ? Vous dites que l’Amérique n’a rien fait… vous n’avez pas honte ? La moitié d’entre vous n’est plus là ! Les commandants de premier et de second rang des Gardiens de la révolution : plus un seul n’est là. Et elle n’a toujours rien fait, c’est ça ?
Le défenseur du régime : Soixante-douze compagnons de l’imam Asghar… pardon, de l’imam Hossein, sont tombés en martyrs à Kerbala !
Torshabi : Hier, j’ai vu quelqu’un écrire sur les réseaux : « Même une chasse d’eau met dix secondes à tout évacuer… mais Khamenei, lui, est parti dès la première seconde. »
Le défenseur du régime : Par Dieu, vous emporterez ce rêve dans la tombe !
Torshabi : Écoutez bien : que l’Amérique agisse ou non, qu’Israël s’occupe de vous ou non, c’est le peuple iranien qui vous fera tomber. Soyez-en sûrs.
Pâyandeh Irân. Javid Shâh.
L’article en français, anglais et persan sur gardjavidan.org.
