Iran Paad · Événement
À Beaubourg, la vraie équipe d’Iran
exposée à ciel ouvert
Trois jours durant, aux portes du Centre Pompidou, Iran Paad et ses partenaires ont dressé les portraits des Javid Nâm du football iranien — et adressé au monde, et à la FIFA, une question qu’on ne pourra plus éluder.
Du lundi 29 juin au mercredi 1er juillet 2026
Aux abords du Centre Pompidou — Beaubourg, Paris 4e
Exposition photo en plein air, entrée libre · organisée par Iran Paad et ses partenaires
→ Découvrir les portraits : « La vraie équipe d’Iran-Zamin »
Il y a des expositions qu’on visite, et d’autres devant lesquelles on s’arrête, le souffle court. Pendant trois jours, sur les pavés qui bordent le Centre Pompidou, une longue rangée de chevalets a transformé un coin de Beaubourg en lieu de mémoire. Sous une tente blanche, à quelques mètres des terrasses et du flot des passants, Iran Paad et ses partenaires ont exposé les visages de la vraie équipe d’Iran : footballeurs, footballeuses, entraîneurs, arbitres, supporters — les Javid Nâm, les « éternels », que la République islamique a voulu faire taire lors du soulèvement de janvier 2026.

Aux abords du Centre Pompidou : la tente de l’exposition et, au vent, le Lion & Soleil.
Une équipe qu’on a voulu faire taire
Chaque chevalet portait un nom, un âge, une histoire brève et un visage. Mehdi Jouzi, gardien de 20 ans de Karaj. Zahra Azadpour, 27 ans, footballeuse et alpiniste. Milad Afrookhteh, gardien et entraîneur de jeunes à Rasht. Hamed Basiri, supporter de Persépolis dont le club a fait graver l’emblème sur la pierre tombale. Vingt-sept portraits en tout, mis en scène comme des affiches de Coupe du Monde — maillot, trophée, portrait encadré de deuil — parce que ces femmes et ces hommes étaient le football iranien, celui des stades de quartier et des rêves d’enfance, arraché aux balles du régime en quelques jours de janvier.
Sur chaque panneau, la même phrase, sobre et implacable : « Their dream was freedom, their legacy is courage » — leur rêve était la liberté, leur héritage est le courage. C’est l’exposition qui prolonge, dans la rue, notre article « La vraie équipe d’Iran-Zamin » : là où le régime aligne une sélection sous ses couleurs, voici l’équipe réelle d’un peuple.






Une question posée à la FIFA
Au milieu des portraits, un panneau tranchait : « The Execution Regime ». Il rappelait que ces images ne sont pas de simples photographies de sportifs, mais l’histoire de vies broyées par l’appareil répressif de la République islamique — certains tombés sous les balles, d’autres emprisonnés, d’autres encore menacés d’exécution. Et il posait une question directe à l’instance mondiale du football, qui a jugé « politique » le drapeau au Lion & Soleil et l’a proscrit des stades du Mondial :
« Se souvenir de l’histoire et de la culture d’une nation, est-ce politique ? Alors pourquoi l’exploitation du football par le régime pour sa propagande ne l’est-elle pas ? »
Photos à l’appui — les poignées de main entre dirigeants du régime et sommet du football mondial — l’exposition renvoyait chacun à sa responsabilité : « Le silence, face à l’injustice, n’est pas de la neutralité. » Fermer les yeux sur la répression n’est pas rester neutre ; ignorer les victimes non plus.

Le manifeste de l’exposition — « Nous garderons leurs noms vivants. Nous ne cacherons pas leurs visages. Et nous n’oublierons pas. »
Trois jours de recueillement
Trois jours durant, des visiteurs de tous horizons se sont succédé sous la tente, casque audio sur les oreilles pour suivre, portrait après portrait, le récit de chaque vie. Des équipes de presse sont venues recueillir les témoignages. Et, devant les chevalets, une danse tournoyante a offert aux Javid Nâm un hommage sans mots — la grâce répondant à la barbarie.
Panoramique sur l’exposition, sous la tente de Beaubourg.
Hommage : une danse tournoyante devant les portraits.

Sur place, la presse recueille les témoignages des visiteurs.
Derrière chaque nom, une vie. Prenez le temps de les regarder, un à un.
Voir tous les portraits →Jâvid Shâh. Que vive l’Iran.
— Darioush Kalantari, pour Iran Paad.
