Paris, 14 juin : et notre roi est un forgeron

Paris · 14 juin 2026

Paris, 14 juin :
et notre roi est un forgeron

Sous le soleil, la diaspora a transformé Paris en bastion. Et du cœur du cortège est monté un chant — « Shâh-e mâ âhangar ast », notre roi est un forgeron.

Paris, 14 juin 2026 — au cœur du cortège

Paris s’est levée, et la rue est devenue un bastion

Le 14 juin, Paris n’a pas marché : Paris s’est dressée. Sous le soleil, le long des avenues haussmanniennes, un fleuve de Lion et Soleil a coulé — drapeaux levés comme des serments, tambours battant le cœur d’une nation qu’on dit lointaine et qui, ce jour-là, était là, entière, vivante, debout.

Ils étaient vêtus de blanc comme on se vêt pour un serment. Et dans leurs mains, ce n’étaient pas des armes : c’étaient des drapeaux, et c’étaient des noms — ceux des enfants tombés, ceux que Zahaak a voulu effacer et que la rue, obstinée, refuse d’oublier.

Et du cœur du cortège, un chant s’est levé

Par-dessus les tambours, une voix est montée. Puis dix. Puis mille. Un chant simple comme un marteau qui frappe l’enclume : « Notre roi est un forgeron. »

Comprend qui veut comprendre. Le forgeron, c’est Kâveh — celui du Shahnameh, l’homme du peuple qui, ayant vu ses fils dévorés par les serpents du tyran Zahaak, arracha son tablier de cuir, le hissa au bout d’une lance et en fit l’étendard d’un peuple qui se relève. Trois mille ans plus tard, le Zahaak a changé de visage — il porte aujourd’hui le turban des Mollahs — mais le forgeron, lui, n’a pas changé : c’est nous.

Paris, 14 juin — la marche pour un Iran libre
« Shâh-e mâ âhangar ast » · sous-titres FR

Le chant, en entier

در خیابان‌ها هزاران لالهٔ خونین پرپر است
Dar khiâbân-hâ hezârân lâle-ye khunin parpar ast
Dans les rues, des milliers de tulipes ensanglantées gisent fauchées
شورِ کاوه در سر است (×۲)
Shur-e Kâve dar sar ast (×2)
La fougue de Kâveh nous habite
جاوید شاه
Jâvid Shâh
Vive le Shah !
ما که می‌جنگیم و این خانه سراسر سنگر است
Mâ ke mi-jangim-o in khâne sarâsar sangar ast
Nous qui combattons — et cette demeure tout entière est un bastion
شاه ما آهنگر است (×۲)
Shâh-e mâ âhangar ast (×2)
Notre roi est un forgeron

Les tulipes, ce sont nos martyrs : chaque pétale arraché est un visage, chaque rue est une tombe et un berceau. Mais le chant ne pleure pas seulement : il forge. Il dit que la maison — khâne, la patrie — est devenue de bout en bout un sangar, un bastion ; que ceux qui marchent à Paris et ceux qui brûlent les peurs à Téhéran frappent la même enclume.

Paris, le 14 juin, n’a pas été une fin.
C’était un coup de marteau de plus sur le fer rouge.

Zahaak croit régner ; il ne fait que se consumer. Et tant qu’un seul forgeron lèvera son tablier, l’étendard de Kâveh flottera.

پاینده ایران، جاوید شاه
Pâyandeh Irân — Javid Shâh

Par Ashk-7000

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