Ali-Sina Mostafavi, un sommet d’Iran Zamin

Javid Nâm · Ali-Sina Mostafavi · 38 ans

Ali-Sina Mostafavi, un sommet d’Iran Zamin

On n’exécute pas une montagne.

Par Ashk-7000

Le marcheur des cimes — montage Ashk-7000.

Le marcheur des cimes

Il était de Bam, où la citadelle d’argile garde la mémoire des siècles,
et il montait, toujours plus haut, là où l’air se fait mince et la lumière entière.
Les montagnes du pays connaissaient ses pas.
Il était alpiniste, il était musicien :
ses mains savaient la roche, et les cordes qui chantent.

En janvier, la rue s’est levée, et il était de ceux de janvier.
Puis un matin d’avril, à l’aube, ils sont entrés chez lui.
Ils ont frappé l’homme qui portait le ciel sur les épaules,
et ils ont mis les cimes au cachot.

Près de six mois de murs. Un juge. Une Cour qui confirme.
Ils l’ont nommé « ennemi de Dieu », lui qui vivait si près du ciel.
Des aveux arrachés sous la torture.
Pas une preuve qu’on puisse vérifier ; pas un mot de sa défense.

Puis la cellule d’isolement, et l’appel aux siens :
venez, une dernière fois.
Le 14 octobre, le régime des mollahs a annoncé l’avoir exécuté.
Il avait trente-huit ans.

Mais on n’exécute pas une montagne.
Ô vous, les mollahs de la nuit, vous croyiez éteindre un homme :
vous avez allumé un sommet.

Il est retrouvé.
— Quoi ? — Le sommet.
C’est l’homme allé
avec le soleil.

Farzand e Iran va jan fadayeh mihan

فرزند ایران و جان فدای میهن

Ali-Sina Mostafavi, 38 ans — Baa Sharaf

Il rejoint les Javid Nâm, ceux dont le nom ne meurt jamais.

Le dernier quatrain répond au poème « L’Éternité » d’Arthur Rimbaud.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut