
Les 8 et 9 janvier 2026, en quarante-huit heures, le régime des mollahs a commis le massacre de manifestants le plus meurtrier de l’histoire.
Dans plus de 400 villes et sur plus de 4 000 points d’affrontement, ses forces ont tiré sur les Iraniens au fusil d’assaut, à la mitrailleuse, depuis les toits. Internet était coupé, le pays plongé dans le noir : le régime croyait pouvoir tuer sans témoin. Il n’a reconnu officiellement qu’environ 3 000 victimes. Les chiffres qui ont filtré depuis — dont certains écrits par ses propres services — racontent une tout autre histoire.
Les bilans, du plus bas au plus lourd
- 25 654 tués — The Sunday Times, 24 janvier 2026.
Décès « cliniquement vérifiés » par un réseau de médecins en Iran, qui communiquaient par des terminaux Starlink introduits clandestinement. Chaque cas a été confirmé par au moins deux personnes dans chaque établissement. C’est le plus prudent des bilans lourds : il ne compte que ce qui a été vérifié. - 27 500 tués — rapport interne remis à la commission de sécurité nationale du Parlement du régime, 20-21 janvier 2026, révélé par Iran International.
Un document du régime lui-même, établi moins de deux semaines après le massacre. - Plus de 30 000 tués — The Guardian, 27 janvier 2026.
Estimation d’un réseau de plus de 80 soignants répartis dans 12 provinces. Selon eux, moins de 10 % des décès ont été enregistrés officiellement. - 30 304 tués — TIME, 25 janvier 2026.
Décès inscrits dans les registres des seuls hôpitaux civils, pour les seules journées des 8 et 9 janvier, d’après les données réunies par le Pr Amir Parasta, chirurgien ophtalmologue germano-iranien. Ce décompte exclut les hôpitaux militaires et les corps transportés directement à la morgue. Deux hauts responsables du ministère de la Santé du régime ont confirmé à TIME qu’environ 30 000 personnes avaient pu être tuées ces deux jours-là. - Plus de 36 500 tués — rapport de l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution daté du 24 janvier 2026, révélé par Iran International le 25 janvier.
Le rapport précédent, du 22 janvier, en comptait déjà plus de 33 000. C’est le chiffre du régime lui-même, tiré de ses propres services de renseignement. - 43 000 tués — International Centre for Human Rights, Toronto, 20 janvier 2026.
Estimation fondée sur l’examen d’images, de vidéos et de signalements, et sur une source au sein du système de santé iranien. L’organisation qualifie ces tueries de crimes contre l’humanité. - Environ 50 000 tués — The Sunday Times, 24 janvier 2026.
Bilan établi par des militants, des prisonniers politiques et des autorités médicales en Iran, rapporté par le prince Reza Pahlavi, dont environ 15 000 à Téhéran. C’est le scénario le plus lourd publié à ce jour.
Ce que dit l’ONU
La Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU, dans son rapport de septembre 2026, conclut à des crimes contre l’humanité. Elle ne donne pas de bilan global, mais affirme avoir de « sérieuses raisons de croire » que le vrai chiffre est nettement supérieur à celui du régime. Elle recense au moins 221 enfants tués, dont six de moins de dix ans, et 29 Iraniens exécutés depuis mars 2026 à l’issue de procès expéditifs.
Ville par ville
Selon Iran International : Karaj, Shahriar et Andisheh, au moins 3 000 tués par le régime ; Rasht, plus de 2 500 ; Ispahan, Najafabad et Khorasgan, plus de 2 000 ; Mashhad, au moins 1 800 ; Kermanshah, 700 ; Gorgan, 400 ; Téhéran, des milliers.
Les blessés
330 000 à 360 000 blessés, et 700 à 1 000 Iraniens qui ont perdu un œil, selon un rapport de médecins publié par The Sunday Times et repris par Iran International. Plus de 800 énucléations en une seule nuit à Téhéran. À l’hôpital ophtalmologique Farabi de Téhéran, plus de 700 blessés aux yeux ont été soignés entre le 8 et le 10 janvier, selon l’ONU.
Jusque dans les hôpitaux
Les images sorties des morgues le montrent : des blessés ont été achevés d’une balle dans la tête alors qu’ils étaient hospitalisés. Les forces du régime sont entrées dans les hôpitaux pour arrêter les blessés, pendant que des snipers visaient la tête et la poitrine des manifestants (Iran International).
Le vrai bilan n’est toujours pas connu
Près de neuf mois après, personne ne connaît le nombre exact des Iraniens tués les 8 et 9 janvier. Le régime a coupé Internet, les hôpitaux militaires échappent à tout décompte, les familles subissent des pressions pour se taire, et des milliers de victimes n’ont toujours pas été identifiées (Iran International). Le Pr Amir Parasta le disait dès janvier : les chiffres réels sont « encore bien plus élevés ». L’ONU elle-même estime le bilan nettement supérieur aux chiffres officiels, et des milliers de cas restent encore à vérifier.
Le vrai bilan est donc toujours inconnu — et il est fort probablement bien plus élevé que le plus pessimiste des scénarios publiés à ce jour.
Javid Nâm — ceux dont le nom ne meurt jamais.
Nous n’oublierons jamais.
