Lion & Soleil
Reza Pahlavi versus MooshAli
Reza Pahlavi, entretien LCI

Néo-pahlavisme

Le Grand-Père a construit l’Iran moderne. Le Père l’a rendu prospère. Le Fils le remettra sur pied.

Le néo-pahlavisme n’est pas une nostalgie. Ce n’est pas non plus une restauration à l’identique. C’est une doctrine politique contemporaine, formulée et incarnée par l’héritier en exil, Reza Pahlavi, fils aîné de Mohammad Reza Shah Aryamehr et de la Shahbanou Farah. Cette doctrine assume pleinement l’œuvre des deux Shahs — les sept piliers, la Révolution Blanche, la prospérité Aryamehr — et l’actualise pour l’Iran de 2026. Cette page expose qui en est l’auteur, ce qu’il défend depuis quarante-sept ans, et ce qu’il propose pour la suite.

I. Le fils, l’héritier

Reza Pahlavi (II) — portrait officiel
Reza Pahlavi (II) — portrait officiel.

Reza Pahlavi naît le 31 octobre 1960 à Téhéran, fils aîné du Shahanshah Mohammad Reza Pahlavi Aryamehr et de Farah Pahlavi. Son enfance se déroule au palais de Niavaran ; sa scolarité commence à l’École militaire de Téhéran. En 1978, à dix-sept ans, il est envoyé aux États-Unis pour suivre une formation de pilote de chasse à la base Reese Air Force Base, au Texas — formation classique pour l’héritier d’une monarchie alliée. Il y est encore quand la révolution éclate.

Il ne reverra jamais l’Iran. Son père meurt en exil au Caire, le 27 juillet 1980, d’un cancer aggravé par les refus successifs d’asile que lui ont opposés les pays qu’il avait servis. Reza a dix-neuf ans. Il devient, à cet instant, chef de famille et héritier d’une dynastie sans royaume. Le 31 octobre 1981, jour de ses vingt et un ans, il prête serment au Caire selon la Constitution iranienne de 1906 — il est constitutionnellement Shahanshah, « Reza Shah II ». Mais il refuse immédiatement de gouverner tant que le peuple iranien ne se sera pas exprimé librement par référendum. Cette ligne ne variera plus.

Il poursuit ses études aux États-Unis : Williams College, Massachusetts, BA en sciences politiques en 1985. En 1986, il épouse Yasmine Etemad-Amini, avocate, qui deviendra une voix discrète mais active des droits humains. Trois filles : Noor (1992), Iman (1993), Farah (2004). Il s’installe en Virginie, où il vit toujours.

Le tribut familial

La famille Pahlavi a payé son exil au prix fort. Le Shah, malade, s’est éteint en exil au Caire en juillet 1980, refusé par les pays qu’il avait servis. La princesse Leila, neuvième enfant et la plus jeune des sœurs de Reza, a succombé à Londres en juin 2001 à trente et un ans, foudroyée par une dépression que vingt-deux ans d’exil et de deuils avaient creusée. Dix ans plus tard, le 4 janvier 2011, le prince Ali-Reza Pahlavi, universitaire brillant formé à Princeton et Columbia, s’est donné la mort à Boston. Il avait quarante-quatre ans.

À Téhéran, les médias d’État ont publiquement célébré ces disparitions — ces blessures ouvertes leur servaient d’arme. Reza Pahlavi, fils aîné devenu chef de famille à dix-sept ans, a continué le combat malgré tout. Il dure depuis quarante-sept ans.

II. Quarante-sept ans de combat

De 1979 à 2026 : exactement la durée pendant laquelle l’Iran a vécu sous l’occupation d’une idéologie en totale contradiction avec ses principes de vie millénaires. Et exactement la durée pendant laquelle Reza Pahlavi a porté l’héritage, sans s’asseoir, sans céder, sans déserter.

Discours, conférences, tribunes, déplacements officieux dans les chancelleries — la liste serait trop longue. Quelques jalons : auditions devant le Congrès américain (multiples occasions depuis 1985), Parlement européen, Westminster, et — moment historique en avril 2023 — la Knesset israélienne. Présence médiatique constante sur les chaînes persanes en exil : Iran International, Manoto TV, Voice of America Persian, Radio Farda.

Soutien continu et public à chaque vague de manifestations en Iran : étudiants de 1999, Mouvement Vert de 2009 contre les fraudes électorales, manifestations de 2017-2018 contre la cherté de la vie, soulèvement de novembre 2019, et surtout Femme Vie Liberté de septembre 2022 à mars 2023. À chaque fois, communiqués, vidéos, prises de parole pour relayer les voix de la rue iranienne et alerter les opinions occidentales.

Il faut prendre la mesure d’un phénomène qui s’est manifesté avec force dans les manifestations de 2022-2023 : les slogans de la rue iranienne incluent aujourd’hui « Reza Shah, ruhat shâd » — « Reza Shah, repose en paix » — et simplement « Pahlavi, Pahlavi ». Reza Pahlavi est devenu, sans gouverner un jour, le souverain populaire de facto d’une partie significative de la jeunesse iranienne. Cela ne s’invente pas — cela se gagne, jour après jour, pendant quarante-sept ans.

III. La constance d’une ligne

Si Reza Pahlavi mérite l’attention politique qu’il commence enfin à recevoir, c’est d’abord parce qu’il n’a jamais dévié de sa ligne. Cinq invariants, depuis quarante ans, dans tous ses discours :

Le référendum libre

Le futur régime iranien sera celui que le peuple iranien choisira par référendum libre sous supervision internationale. Monarchie constitutionnelle ou république : le peuple tranche. Reza Pahlavi ne se présente jamais comme « le futur roi » mais comme un serviteur de la transition.

La laïcité

Séparation totale de la religion et de l’État. Abrogation de la Velâyat-e Faqih. Mariage civil, écoles laïques mixtes, libertés cultuelles universelles, justice non religieuse. La religion appartient à la conscience individuelle ; l’État, à tous les Iraniens.

Les droits humains universels

Pleine application de la Déclaration universelle de 1948 et des conventions ratifiées par l’Iran depuis. Égalité hommes-femmes effective, droits des minorités religieuses et ethniques, libertés de presse, d’expression, d’association, abolition des châtiments corporels et de la peine de mort.

L’intégrité territoriale

L’Iran un et indivisible. Refus du fédéralisme ethnique séparatiste qui flirterait avec l’autonomie kurde, azérie ou baloutche au point de fracturer la nation. Sur ce point, Reza Pahlavi se distingue clairement de certaines composantes de l’opposition iranienne — il défend la nation dans la ligne pahlavi historique. Décentralisation administrative oui, sécession territoriale jamais.

Pas de violence, pas de revanche

Justice transitionnelle à la sud-africaine — modèle Vérité et Réconciliation. Les responsables des crimes les plus graves seront jugés équitablement, dans des tribunaux normaux ; ils ne seront pas exécutés sommairement comme l’a fait Khomeini en 1979. Pour les fonctionnaires ordinaires du régime, parcours de réintégration et amnistie conditionnelle. Cette ligne, défendue depuis trois décennies, distingue Reza Pahlavi de toutes les autres composantes de l’opposition radicale.

IV. Une sagesse rare

Ce qui frappe ceux qui rencontrent Reza Pahlavi — et c’est rare en politique — c’est la quantité de choses qu’il refuse. Il refuse de constituer un « gouvernement en exil » auto-proclamé, contrairement à Maryam Rajavi, qui s’autoproclame « présidente élue » de la République démocratique d’Iran depuis l’organisation MEK. Il refuse de tenir une cour. Il refuse toute récupération financière des biens dynastiques. Il refuse de gouverner sans mandat démocratique.

Il a aussi la rare capacité, pour un héritier monarchique, de reconnaître publiquement les erreurs du passé. Dans plusieurs interviews et tribunes, il a évoqué les manquements du règne pahlavi — sans renier l’héritage, en l’assumant globalement, mais sans courtisanerie ni hagiographie. Cela renforce sa crédibilité aux yeux des Iraniens qui n’auraient pas spontanément un réflexe pro-monarchique.

Réserve digne face aux insultes — Téhéran ne se prive pas d’en distribuer. Discours d’union, jamais de division. Présence dans le deuil de ceux qui tombent, dans la rue iranienne, sans se mettre en avant.

V. Le sens stratégique — la Charte Mahsa

Reza Pahlavi au Parlement européen, Bruxelles, 1er mars 2023
Reza Pahlavi au Parlement européen — Bruxelles, 1er mars 2023, en réunion avec l’eurodéputé Charlie Weimers. © Union européenne 2023, photo Alain Rolland / Parlement européen.

En mars 2023, au plus fort du soulèvement Femme Vie Liberté, Reza Pahlavi initie la Charte Mahsa pour la Solidarité et un Iran Futur (Manshur-e Mahsa) — du nom de Mahsa Jina Amini, jeune Kurde iranienne assassinée par la police des mœurs en septembre 2022. Document politique court, sept signataires d’origines et de sensibilités radicalement différentes :

  • Reza Pahlavi — héritier monarchique
  • Masih Alinejad — journaliste, militante laïque, fondatrice de « My Stealthy Freedom »
  • Hamed Esmaeilion — porte-parole des familles des victimes du vol PS752 abattu par Téhéran en janvier 2020
  • Nazanin Boniadi — actrice et militante des droits humains
  • Abdullah Mohtadi — leader du parti Komala (gauche kurde)
  • Ali Karimi — légende du football iranien, plus de 10 millions de followers sur Instagram
  • Shirin Ebadi — Prix Nobel de la paix 2003 (a partiellement retiré ensuite sa signature)

C’est la première fois qu’un héritier monarchique siège à la même table que des militants laïques, un dirigeant kurde et un footballeur populaire pour défendre un projet politique commun. La portée symbolique est immense : Reza Pahlavi démontre sa capacité d’union au-delà du courant strictement pahlavi. C’est une stratégie consciente — sans cette coalition élargie, aucune transition démocratique n’est crédible. Sans Reza Pahlavi en son centre, cette coalition n’aurait pas eu de centre gravitationnel.

Au-delà de la Charte Mahsa, sa stratégie inclut un travail intensif de lobbying parlementaire occidental — Congrès américain (résolutions de soutien aux manifestants iraniens 2022), Knesset, Chambre des Communes, Parlement européen — et une présence soutenue sur les médias persans en exil et les réseaux sociaux pour court-circuiter les médias mainstream occidentaux qui le censurent (voir section VIII).

VI. L’Accord Cyrus — la visite historique en Israël

Hall du Souvenir, Yad Vashem, Jérusalem
Hall du Souvenir — Yad Vashem, mémorial de la Shoah à Jérusalem. Reza Pahlavi y a déposé une gerbe en avril 2023, premier membre de la famille Pahlavi à accomplir ce geste mémoriel. Wikimedia Commons.

Du 17 au 25 avril 2023, Reza Pahlavi effectue une visite officielle en Israël, invité par le ministre israélien Amichai Chikli (Diaspora et Lutte contre l’antisémitisme). Cette visite est l’un des actes politiques les plus importants de sa vie publique. Elle inscrit dans le réel la position pahlavi historique — amitié millénaire entre Iran et Israël — à un moment où Téhéran appelle à la destruction de l’État hébreu.

Reza Pahlavi rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la présidente de la Knesset, plusieurs ministres, et la communauté juive iranienne d’Israël — environ 250 000 personnes, présence ininterrompue depuis le retour des déportés de Babylone par Cyrus le Grand en 539 avant notre ère.

Il se rend à Yad Vashem, mémorial de la Shoah, dépose une gerbe en silence. C’est la première fois qu’un membre de la famille Pahlavi accomplit ce geste. Au Mur des Lamentations, il observe une prière silencieuse, signe de respect pour le peuple juif. Dans son discours, il invoque explicitement Cyrus le Grand libérateur des Juifs de Babylone comme racine commune des deux nations.

L’enjeu est désormais nommé : un « Accord Cyrus » ou « Charte Cyrus » — prolongement des Accords d’Abraham de 2020 (qui avaient normalisé les relations entre Israël et les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan) en y incluant l’Iran post-régime. Reconnaissance mutuelle Iran-Israël, normalisation totale, coopération sécuritaire et économique régionale.

Netanyahu salue la visite en hébreu et en anglais, citant Cyrus. La presse israélienne et internationale couvre l’événement abondamment — Times of Israel, Jerusalem Post, Tablet Magazine, Algemeiner. Pour la première fois depuis 1979, un Iranien est reçu officiellement en Israël comme représentant d’un Iran futur. Le message implicite est lourd : la guerre contre Israël n’est pas la guerre des Iraniens, c’est la guerre d’un régime occupant l’Iran. Le jour où l’Iran retrouvera sa liberté, les drapeaux Lion et Soleil et Étoile de David flotteront à nouveau côte à côte.

VII. Ses livres et écrits

Reza Pahlavi a formulé sa pensée politique dans deux ouvrages principaux :

  • Winds of Change: The Future of Democracy in Iran (Regnery Publishing, Washington, 2002) — premier ouvrage programmatique, en anglais. Esquisse la doctrine : référendum, justice transitionnelle, ancrage occidental sans servilité, retour aux racines pré-islamiques.
  • Le temps du choix : pour un Iran libre et démocratique (Denoël, Paris, 2009) — édition française, entretien-livre avec Michel Taubmann. Le plus accessible des deux pour le lectorat francophone.

S’ajoutent de nombreuses tribunes régulières : Washington Post, Wall Street Journal, Newsweek, The Hill, et — occasionnellement, malgré la difficulté décrite plus bas — Le Figaro. Ses interventions sur Iran International et VOA Persian forment, en pratique, un corpus oral équivalent à plusieurs livres supplémentaires.

VIII. La censure médiatique occidentale

Voici un fait qui devrait choquer mais que personne ne nomme : le principal opposant à la République islamique d’Iran, héritier constitutionnel d’une dynastie reconnue par l’ensemble des chancelleries occidentales jusqu’en 1979, soutenu massivement par la diaspora iranienne (environ sept millions de personnes dans le monde) et acclamé dans les rues de Téhéran en 2022-2023 — cet homme est quasi-invisible sur les chaînes mainstream françaises.

En France : aucune ou presque aucune apparition sur France 2, France 5, France Info, BFM, LCI, TF1. Quelques rares passages sur CNews ; Le Monde et Libération le couvrent minimalement, et systématiquement avec des qualificatifs étiquetants — « le fils du Shah déchu », « monarchiste nostalgique ». Dans l’anglo-saxon mainstream — CNN, BBC World, MSNBC, New York Times, Washington Post — préférence éditoriale pour les « réformistes » de l’intérieur du régime (Zarif, Khatami) ou parfois pour les MEK sur certains plateaux. Reza Pahlavi cantonné aux médias conservateurs (Fox News, Newsmax) et aux podcasts — son passage chez Joe Rogan en février 2023 a recueilli plus de cinq millions de vues, exposant un large public américain à des arguments qu’il n’aurait jamais entendus ailleurs.

Sa vraie tribune publique se trouve sur les médias persans en exil : Iran International (Londres et Washington), Manoto TV (Londres), Voice of America Persian, Radio Farda. Et sur les réseaux sociaux, où il compte environ un million d’abonnés sur X, un million sur Instagram, des centaines de milliers sur YouTube et Telegram.

Quand il est interviewé en mainstream, les questions sont souvent biaisées : « monarchiste réactionnaire », « comment justifiez-vous le règne de votre père », « n’êtes-vous pas occidentalisé, déconnecté de l’Iran réel ». Le porte-parole de Téhéran via les ambassades et les think-tanks complaisants reçoit, lui, des temps d’antenne sans équivalent.

Hypothèse politiquement chargée mais nécessaire : cette censure n’est pas un hasard. Les médias occidentaux mainstream restent prisonniers de leur propre récit révolutionnaire de 1978-1979 — celui qu’avaient fabriqué la BBC, Foucault, Le Monde, l’accueil français à Neauphle-le-Château. Reconnaître Reza Pahlavi aujourd’hui comme l’alternative légitime à la République islamique, c’est reconnaître que les éditorialistes d’il y a quarante-sept ans se sont lourdement trompés. Et personne, dans une rédaction, n’aime reconnaître l’erreur de ses prédécesseurs lorsqu’elle pèse encore sur la conscience collective de la profession.

Le néo-pahlavisme — définition

Le Grand-Père a construit l’Iran moderne.
Le Père l’a rendu prospère.
Le Fils le remettra sur pied.

Démocratie
Laïcité
Prospérité

Trois mots tiennent en une triade le programme d’un Iran libéré. Mais ces trois mots méritent d’être déployés — non pas comme des slogans, mais comme des chantiers concrets.

IX. Démocratie

La démocratie néo-pahlavi commence par un acte fondateur : le référendum constitutionnel libre, sous supervision des Nations unies, où le peuple iranien choisira entre monarchie constitutionnelle et république. Cet acte n’est pas une formalité — c’est la condition même de légitimité du régime qui suivra. Reza Pahlavi a juré, par tous ses discours depuis quarante ans, qu’il acceptera le verdict des urnes, quel qu’il soit.

Vient ensuite une Constitution démocratique moderne, garantissant la séparation des pouvoirs, les droits humains universels selon la Déclaration de 1948, le pluralisme politique, des élections libres à tous niveaux. La Constitution iranienne de 1906 — la plus ancienne du Moyen-Orient — sert de fondation symbolique, modernisée.

Vient également une justice transitionnelle à la sud-africaine, modèle Vérité et Réconciliation : pas de chasse aux sorcières, pas d’exécutions sommaires, mais pas d’amnistie non plus pour les crimes de sang. Les responsables des massacres de 1988, des assassinats ciblés à l’étranger, des viols de prisonnières, devront répondre devant des tribunaux indépendants. Les fonctionnaires ordinaires du régime auront un parcours de réintégration. La société iranienne doit guérir, pas se déchirer.

La démocratie néo-pahlavi inclut enfin la défense ferme de l’intégrité territoriale de l’Iran — pas de fédéralisme ethnique séparatiste sous prétexte de droits des minorités, mais décentralisation administrative, reconnaissance des langues régionales, autonomies culturelles. L’Iran est un, indivisible, multiculturel.

Cette démocratie prolonge ce que Mohammad Reza Shah avait commencé à mettre en place en 1977 par l’ouverture politique — interrompue par la révolution — et reprend le fil de la Constitution iranienne de 1906, premier texte constitutionnel du Moyen-Orient musulman, qui faisait déjà du peuple iranien l’égal des grandes nations démocratiques d’Europe.

X. Laïcité

La laïcité néo-pahlavi commence par l’abrogation totale et sans condition de la doctrine de la Velâyat-e Faqih — la souveraineté du juriste-théologien — pierre angulaire de la République islamique. Cette doctrine théocratique, élaborée par Khomeini en 1970 à Najaf, n’a aucun fondement dans la tradition chiite classique ; c’est une invention totalitaire du XXᵉ siècle. Avec la Velâyat-e Faqih s’effacent le Guide suprême, les Pasdaran, les Bassidji, et tout l’appareil de coercition idéologique que la République islamique a bâti depuis 1979.

S’ensuit l’abrogation du droit pénal islamique — fin de la lapidation, des amputations, des pendaisons publiques, des châtiments corporels. Code pénal moderne, fondé sur les droits humains universels. Liberté cultuelle universelle : musulmans sunnites et chiites, chrétiens, juifs, zoroastriens, et — c’est essentiel — bahaïs, réhabilités après quarante-sept ans de persécution systématique par la République islamique. La religion appartient à la conscience individuelle ; l’État, à tous les Iraniens, croyants ou non.

Égalité hommes-femmes pleine et entière. Abolition immédiate du voile obligatoire. Réforme du droit de la famille : mariage civil, divorce égal, garde des enfants partagée, fin de la polygamie légale et du mariage des mineures. École laïque mixte gratuite à tous les niveaux, programmes scientifiques modernes, fin de l’endoctrinement religieux institutionnel.

Cette laïcité réactive ce que Reza Shah avait fondé en 1928 avec les codes civils séculiers et en 1936 avec le dévoilement, et ce que Mohammad Reza Shah avait approfondi avec la justice civile, le Code de la famille de 1967 et l’école mixte. Quarante-sept ans après que la République islamique a effacé ces acquis, le néo-pahlavisme les rétablit — et les pousse plus loin.

XI. Prospérité

La prospérité néo-pahlavi commence par la levée des sanctions internationales — JCPOA stabilisé ou cadre successeur — et la pleine réintégration de l’Iran dans l’économie mondiale : retour au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale, à l’Organisation mondiale du commerce, normalisation diplomatique avec tous les voisins. La République islamique a transformé un pays prêteur net au FMI dans les années 1970 en État sanctionné et isolé. Le néo-pahlavisme inverse la trajectoire.

Puis vient le Plan Marshall iranien — reconstruction des infrastructures dévastées par quarante-sept ans de mauvaise gestion idéologique : réseau électrique, eau, transports, télécommunications. Transition énergétique. Modernisation industrielle. Programme massif de rénovation urbaine et environnementale, en commençant par les villes les plus polluées (Téhéran, Ahvaz). Investissements étrangers garantis par un cadre juridique stable.

Vient le retour des cerveaux de la diaspora — environ sept millions d’Iraniens à l’étranger, dont 1,5 million aux États-Unis, 500 000 en Allemagne, au Canada et en France. Des ingénieurs de la Silicon Valley, des médecins, des chercheurs, des entrepreneurs. Incitations fiscales, garanties juridiques de double nationalité, statuts d’investissement préférentiels. Cette diaspora est le plus grand atout caché de l’Iran post-régime.

Vient enfin la valorisation responsable des ressources — pétrole, gaz, lithium, terres rares (l’Iran en possède des gisements parmi les plus importants au monde). Nucléaire civil oui, dans la lignée de Bushehr 1975, pour assurer l’indépendance énergétique. Nucléaire militaire non — Reza Pahlavi a constamment plaidé pour le démantèlement vérifié du programme militaire iranien et la signature de tous les traités de non-prolifération.

Cette prospérité reprend explicitement le sillon Aryamehr — celui qui avait fait de l’Iran la cinquième économie d’Asie en 1977, sur les bases du Tamadon-e Bozorg annoncé en 1974 — et l’adapte au monde de 2026 : intelligence artificielle, climat, énergies renouvelables, biotechnologies. L’Iran moderne renoue avec sa propre trajectoire interrompue.

XII. Concrètement, demain — 12 chantiers

1Démocratie

Référendum constitutionnel libre

Sous supervision ONU. Le peuple iranien choisit lui-même entre monarchie constitutionnelle et république.

2Démocratie

Justice transitionnelle

Modèle Vérité & Réconciliation sud-africain. Pas de chasse aux sorcières, pas d’amnistie pour les crimes de sang.

3Démocratie

Constitution démocratique

Séparation des pouvoirs, droits humains universels, élections libres à tous niveaux, fondations de 1906 modernisées.

4Démocratie

Intégrité territoriale

Iran un et indivisible. Refus du fédéralisme ethnique séparatiste. Décentralisation administrative oui, sécession jamais.

5Laïcité

Abrogation de la Velâyat-e Faqih

Démantèlement du Guide suprême, des Pasdaran, des Bassidji, de tout l’appareil théocratique de coercition.

6Laïcité

Liberté cultuelle universelle

Musulmans sunnites et chiites, chrétiens, juifs, zoroastriens, bahaïs réhabilités, athées. Religion = conscience.

7Laïcité

Abrogation du droit pénal islamique

Fin lapidation, amputation, pendaisons publiques. Mariage civil. Abolition du voile obligatoire. Égalité hommes-femmes pleine.

8Laïcité

École laïque mixte gratuite

Retour au modèle pahlavi modernisé. Programmes scientifiques. Fin de l’endoctrinement religieux institutionnel.

9Prospérité

Levée des sanctions

Retour FMI, Banque mondiale, OMC. Normalisation diplomatique. JCPOA stabilisé ou cadre successeur.

10Prospérité

Plan Marshall iranien

Reconstruction infrastructures, transition énergétique, modernisation industrielle, rénovation urbaine.

11Prospérité

Retour de la diaspora

7 M d’Iraniens à l’étranger (dont 1,5 M USA). Incitations fiscales, double nationalité, garanties juridiques.

12Prospérité

Ressources & nucléaire civil

Pétrole, gaz, lithium, terres rares. Nucléaire civil oui (lignée Bushehr 1975). Nucléaire militaire NON, démantèlement vérifié.

Sources principales

  • Reza Pahlavi, Winds of Change: The Future of Democracy in Iran (Regnery Publishing, 2002)
  • Reza Pahlavi & Michel Taubmann, Le temps du choix : pour un Iran libre et démocratique (Denoël, 2009)
  • Site officiel rezapahlavi.org — positions, communiqués, tribunes
  • Charte Mahsa pour la Solidarité et un Iran Futur — texte intégral et signatures, mars 2023
  • Janet Afary & Kevin Anderson, Foucault and the Iranian Revolution (Chicago UP, 2005) — contexte de la censure médiatique post-1979
  • Karim Sadjadpour (Carnegie Endowment) — analyses sur l’opposition iranienne
  • Times of Israel, Jerusalem Post, Tablet Magazine, Algemeiner — couverture de la visite Israël avril 2023
  • Iran International — interviews longues annuelles
  • Joe Rogan Experience #1933, février 2023 (plus de 5 millions de vues YouTube)
  • Farah Pahlavi, An Enduring Love: My Life with the Shah (Hyperion, 2004)
  • Nécrologies The Times (Leila Pahlavi, juin 2001), Boston Globe (Ali-Reza Pahlavi, janvier 2011)
  • Amnesty International, Blood-soaked Secrets (2018) ; Geoffrey Robertson QC, Massacre of Political Prisoners in Iran, 1988 (2010)

Suivre Reza Pahlavi