
Le président d’Iran Paad
Darioush Kalantari
داریوش کلانتری
De l’enfant d’Iran exilé au commando du « Tabarzin » — quarante-sept ans debout, l’honneur pour seule bannière.
Avant d’être le président d’Iran Paad, Darioush Kalantari fut un enfant d’Iran que la catastrophe de 1979 jeta sur les routes de l’exil. En France, il avait vingt-cinq ans, une moustache de jeune homme et une certitude chevillée au corps : on ne livre pas l’Iran au régime des Mollahs. À l’été 1981, cette certitude le mena à bord d’un navire de guerre.
Le coup d’éclat
Le Tabarzin (تبرزین, « la hache d’armes ») était une vedette lance-missiles flambant neuve : la dernière des douze que le Chah avait commandées à la France. Après 1979, Paris en gela la livraison ; puis, le 1er août 1981, l’embargo fut levé et le navire appareilla de Cherbourg pour être remis à la République islamique.
Il n’arriva jamais à Téhéran. Le 13 août 1981, dans les eaux espagnoles, une quinzaine de jeunes Iraniens libres, déguisés en touristes et embarqués sur un modeste remorqueur, montèrent à l’abordage et s’emparèrent du bâtiment — sans un seul coup de feu. Darioush Kalantari était l’un d’eux.
L’arme à la main, l’honneur au cœur
Sur le pont, ces garçons n’avaient l’air de rien : des cols ouverts, un jean, un fusil serré contre la poitrine et, dans le regard, tout l’orgueil d’un peuple qui refuse de plier. Ce ne fut pas une prise de guerre : ce fut un serment.
Pendant quelques jours, le drapeau au Lion et au Soleil flotta de nouveau sur un navire iranien. Et l’on entendit, depuis le large, que l’Iran libre n’était pas mort — qu’il avait encore des fils prêts à tout risquer pour son honneur.
Les Hommes libres
Derrière le coup d’éclat, deux grands noms de l’Iran impérial. L’amiral Kamal Habibollahi, dernier commandant en chef de la Marine du Chah, conduisit le commando. Il agissait pour le mouvement Azadegan — « les Hommes libres » (آزادگان) — fondé à Paris par le général Bahram Aryana.
Téhéran les traita de « pirates ». L’Histoire, elle, retiendra des hommes qui, désarmés de tout sauf du courage, rendirent à un drapeau sa dignité, et lancèrent au monde que la résistance n’avait pas capitulé.
« Le combat continue »
Cernés au large de Marseille, survolés par les hélicoptères, ils rendirent le navire à la France, à Toulon — non sans avoir, une dernière fois, abaissé le drapeau impérial au son de l’hymne, sous le salut des marins français. Devant la presse, leur chef lâcha trois mots : « Le combat continue. »
La France finit pourtant par livrer le bâtiment, qui sert encore aujourd’hui la marine du régime. Mais l’essentiel n’était pas le navire : c’était le serment. Quarante-cinq ans plus tard, le même homme préside Iran Paad et tient, intacte, la même ligne — du pont du Tabarzin aux combats d’aujourd’hui, le même refus, la même fidélité.
« Le combat continue. »Darioush Kalantari · président d’Iran Paad
Les archives
Collection personnelle & presse de l’époque — août 1981.










